Interview fictive de Guy de Maupassant
Article mis en ligne le 4 novembre 2020

Guy de Mauypassant (1850-1893)

Les élèves de 4ème 2 se sont improvisés journalistes du XIXe siècle.

Bonjour M. Maupassant. Merci d’avoir accepté de répondre à nos questions. Commençons l’interview si vous le voulez bien.

Maupassant : Mais, je vous en prie.

Tout d’abord, comment décririez-vous votre enfance ?

J’ai grandi en Normandie. A 9 ans, mon père est parti et cela m’a rendu très malheureux.

Avez-vous des frères et sœurs ?

En effet, j’ai un frère qui est malheureusement décédé. Il était fou.

Aviez-vous de bonnes relations avec vos parents ?

Uniquement avec ma mère. Mon père est parti.

Navré de poser cette question délicate ; mais d’après-vous, pourquoi votre père est-il parti ?

Mon père préférait la vie parisienne et ses fêtes, fêtes plus amusantes que la vie monotone de notre manoir normand. J’étais si jeune, à peine 9 ans. Son départ m’a attristé. Mais, c’est du passé à présent.

Votre mère vous a-t-elle soutenu après le départ de votre père ?

Oui et non. Elle aussi était effondrée.

Qu’est-il arrivé à votre mère, Laure n’est-ce pas ?

Ma mère s’est droguée pour lutter contre ses souffrances.

Changeons de sujet. Quel genre d’études avez-vous suivi ?

Des études littéraires bien sûr !

Avez-vous aimé vos enseignants ? Quelle est votre pire bêtise au collège ?

Non, pas du tout. J’ai détesté mes enseignants. Je les ai trouvés méchants. Je les ai caricaturés et finalement j’ai fugué… ce qui m’a valu d’être exclu du collège.

A quel âge avez-vous arrêté vos études ? Le regrettez-vous ?

J’ai arrêté mes études à 20 ans. Des regrets ? Oui et non. J’ai terminé le lycée… Mais la guerre est survenue.

Vous avez donc participé à la guerre de 1870 ? Quel a été votre rôle pendant la guerre ? Est-ce que l’armée vous a plu ? Comment avez-vous vécu cette guerre ?

En effet, j’ai été réquisitionné. J’ai servi dans le service intendance de l’armée : je m’occupais du ravitaillement des soldats et des médecins militaires. La guerre était très dure. J’ai toujours été un rebelle, je n’aime pas recevoir des ordres. Ce que j’ai vu m’a terrifié, cela laisse de vraies séquelles. Beaucoup de sang a coulé. Il y avait tant de blessés, de cadavres que c’était horrible !

Quels autres métiers avez-vous exercé ?

Après la guerre, je suis devenu fonctionnaire au Ministère de la marine. Mais j’ai rapidement quitté ce métier pour me lancer dans une carrière de journaliste et d’écrivain. J’ai commencé à écrire des romans.

Pourquoi êtes-vous devenu écrivain ? Qui a influencé votre carrière ?

Pendant mon enfance, j’ai beaucoup observé les paysans qui vivaient autour du château, d’où mes textes réalistes. Plus tard, c’est grâce à Flaubert ! C’était un ami de ma mère. Elle m’a soutenu et m’a encouragé sur cette voie. Mais c’est lui qui a véritablement inspiré mes premiers écrits.

De quelles manières Gustave Flaubert vous a-t-il inspiré ? Pourriez-vous le préciser ?

Flaubert a été mon formateur. Il a corrigé mes textes. Il m’a appris le métier d’auteur. J’ai beaucoup de respect pour lui et j’ai beaucoup profité de ses conseils.

A quel âge avez-vous écrit votre premier livre ? Quelles sensations avez-vous alors ressenties ?

J’ai écrit très tôt. Mais, ma première nouvelle a été publiée en 1879. C’était « Boule de suif ». Elle a rencontré un vrai succès. Flaubert l’a même qualifié de « chef d’œuvre qui restera ». J’en étais fier ; cela m’a rendu très heureux.

Quelle est votre œuvre préférée ?

Je ne sais pas trop. Peut-être « La maison Tellier »…

Combien d’œuvres avez-vous écrit dans toute votre vie ? Est-ce que vous gagnez bien votre vie en tant qu’auteur ?

J’ai écrit des centaines d’œuvres qui m’ont permis de m’enrichir.

Quelles sont vos fréquentations ? Lors des « soirées de Médan », avez-vous fait des rencontres importantes ?

Je trainais avec de nombreux auteurs : Flaubert bien sûr, mais aussi Emile Zola ou Huysmans. Par ailleurs, j’ai même eu la chance de rencontrer la princesse Mathilde Bonaparte.

Sur la fin de votre vie, qu’est-ce qui a provoqué votre dépression ? Comment expliquez-vous votre tentative de suicide malgré votre réussite ?

Ma vie n’a pas toujours été facile. Mon père nous a abandonné alors que je n’avais que 9 ans. J’ai fugué du collège à l’adolescence. A vingt ans, j’ai fait la guerre de 1870. Ma mère et mon frère furent aussi très gravement malades… sans oublier la pression accumulée au fil des années, précisément suite à mes succès littéraires. A la fin, j’avais des migraines et des hallucinations.

Comment avez-vous survécu à votre tentative de suicide ?

Les médecins m’ont sauvé… pour un temps.

Comment êtes-vous mort ?

Je suis tombé malade. J’ai beaucoup fait la fête et j’ai finalement attrapé une syphilis. J’ai été interné et j’ai fini ma vie paralysé.